Donald J. Trump et le Prix Nobel de la Paix (2017–2025)
Étude géopolitique et juridique sur la légitimité d’une candidature fondée sur ses action diplomatiques et humanitaires
Auteur : Dr. Hicham Morjane
Université Hassan Ier – Faculté de Droit
Resumé
Cet article analyse la période 2017-2025 pour évaluer la légitimité juridique et humanitaire d’une candidature de Donald J. Trump au Prix Nobel de la Paix.
Cinq actions majeures sont étudiées :
- Les Accords d’Abraham(2020),
- L’Opération Vitesse de distorsion,
- L’Accord de Doha(Afghanistan),
- La médiation entre l’Inde et le Pakistan,
- La reconnaissance américaine du Sahara marocain comme territoire souverain du Royaume du Maroc.
L’étude montre que ces actes, bien que parfois controversés, ont eu des effets pacificateurs mesurables, en cohérence avec les critères d’Alfred Nobel pour la paix : fraternité entre nations, réduction des conflits et contribution à la sécurité humaine.
1-Introduction : redéfinir la paix à l’ère des tensions multipolaires
Entre2017 et 2025, le système international a connu une transformation profonde, marquée par la montée d’un ordre mondial multipolaire, où les rapports de puissance ne se structurent plus exclusivement autour de l’axe États-Unis-Europe, mais intègrent des acteurs régionaux et civilisationnels majeurs tels que la Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie et les pays du Golfe. Cette recomposition géopolitique a engendré un climat des tensions stratégiques permanentes, redéfinissant les conditions mêmes de la paix contemporaine.
Dans ce contexte, la paix ne se limite plus à l’absence de guerre, mais devient un processus dynamique d’équilibre et de résilience ,fondé sur trois piliers essentiels :
- La diplomatie préventive et transactionnelle, visant à éviter l’escalade plutôt qu’à imposer un modèle idéologique ;
- La sécurité humaine, incluant la santé mondiale, la sécurité énergétique et la stabilité économique ;
- La coopération technologique et environnementale, nouveau terrain d’expression de la puissance pacifique.
L’ère multipolaire impose une redéfinition des instruments de paix :la puissance coercitive cède partiellement la place à la diplomatie pragmatique et à la négociation interétatique. Donald J. Trump, à travers une politique dite d’«America First », un paradoxalement renforcé cette logique multipolaire :
- En essentiellement la dépendance militaire américaine vis-à-vis des alliances traditionnelles (OTAN, Afghanistan),
- En favorisant des accords bilatéraux pragmatiques, tels que les Accords d’Abraham ou la médiation Inde–Pakistan,
- En valorisant la souveraineté nationale comme socle d’un ordre international stable.
Cette approche, souvent qualifiée de réalisme diplomatique, repose sur l’idée que la paix n’est pas un idéal abstrait, mais une construction d’équilibres d’intérêts compatibles. Ainsi, à l’ère des tensions multipolaires, la paix se mesure non par l’uniformité des valeurs, mais par la capacité à créer des espaces de coexistence stable entre puissances concurrentes.
Entre 2017 et 2025, cette conception s’est traduite par une géopolitique de désescalade ciblée: rétablissement de dialogues entre ennemis historiques, retrait militaire contrôlé, et reconnaissance de nouvelles réalités territoriales (comme le Sahara marocain) au service d’une stabilité régionale durable.
En somme, redéfinir la paix à l’ère des tensions multipolaires revient à reconnaître que lala sécurité mondiale dépend désormais de la majorité ordonnée, où la diplomatie pragmatique, la reconnaissance mutuelle et la stabilité des blocs régionaux remplacent la logique d’hégémonie universelle.
Entre 2017 et 2025, le monde a connu une succession de crises : pandémies, rivalités régionales, guerres hybrides et désinformation numérique.
Dans ce contexte, la paix contemporaine se mesure autant par la diplomatie préventive que par la stabilisation sanitaire, économique et technologique.
L’administration Trump, souvent réduite à ses controverses internes, a pourtant conduit plusieurs actions structurantes pour la paix internationale, qui méritent un objectif d’évaluation.
- Méthodologie et critères d’évaluation
L’étude se base sur une analyse comparative entre les critères du Comité Nobel norvégien et les initiatives diplomatiques de Trump.
Trois indicateurs guident la recherche :
- Impact humanitaire direct(santé, sécurité, stabilité),
- Impact géopolitique durable,
- Effet de désescalade régionale ou de coopération interétatique.
Aussi sur une Méthodologie comparative retenue Ou on adopte une approche comparatiste fonctionnelle, fondée sur :
- la nature de l’action(institutionnelle, diplomatique, humanitaire),
- le statut juridique de l’acteur(chef d’État, acteur privé, organisation),
- l’impact sur la paix internationale,
- et la reconnaissance par le Comité Nobel.
L’objectif n’est pas d’assimiler les situations, mais d’évaluer les initiatives aussi bien l’initiative du Board of Peace qui s’inscrit dans une logique déjà reconnue par la pratique Nobel.
- Les Accords d’Abraham : architecture nouvelle pour le Moyen-Orient
Les Accords d’Abraham, signés en septembre 2020sous l’égide de l’administration Trump, constituant une rupture historique dans la diplomatie du Moyen-Orient. Pour la première fois depuis les Accords de Camp David (1978)et ceux d’Oslo (1993), plusieurs États arabes – notamment les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan– ont établi des relations diplomatiques officielles avec Israël, sous le parrainage des États-Unis.
3.1. Contexte historique et portée géopolitique
Pendant des décennies, le Moyen-Orient a été défini par une diplomatie du conflit: guerres israélo-arabes, rivalités sunnites-chiites, ingérences étrangères et effondrement des structures étatiques.
Les Accords d’Abraham marquent une mutation: ils substituent à la logique du rejet une logique de coopération pragmatique, fondée sur les intérêts économiques, sécuritaires et technologiques partagés.
Sous l’impulsion directe de Donald J. Trump et de son équipe diplomatique (notamment Jared Kushner et Mike Pompeo), les États-Unis ont orchestré une nouvelle architecture régionale visant à :
- Rompre l’isolement d’Israël, en l’intégrant à un ensemble économique et sécuritaire arabe ;
- Créer un front stratégique commun contre l’instabilité régionale, notamment l’expansionnisme iranien et les groupes extrémistes ;
- Ouvrir la voie à une coopération multilatérale dans des domaines jusque-là fermés : défense, intelligence artificielle, énergie, innovation et cybersécurité.
3.2. Diplomatie pragmatique et équilibre des intérêts
Contrairement aux initiatives précédentes, les Accords d’Abraham reposent sur une approche transactionnelle et réciproque, dans laquelle chaque partie tire un bénéfice tangible:
- Les pays signataires arabes obtenus un accès privilégié aux technologies et investissements américains et israéliens;
- Israël bénéficie d’une reconnaissance régionale inédite, brisant son isolement diplomatique ;
- Les États-Unis consolident leur pacificateur de leadership tout en limitant leur engagement militaire direct dans la région, avec l’intervention De Donald j Trump dans le conflit militaire Israélo-Iranien en obligeant les deux parties à un cesser le feu en 2025 .
Cette approche correspond à ce que certains chercheurs qualifiés de« Paix par l’intérêt mutuel », en opposition au modèle moraliste ou idéologique de la diplomatie traditionnelle. Elle a traduit une vision réaliste et décentralisée de la paix, adaptée à l’ère multipolaire.
3.3. Impacts stratégiques et humanitaires
Les effets des Accords d’Abraham dépassent la seule sphère diplomatique. Ils ont permis :
- Une reprise des échanges économiques entre Israël et les pays arabes, avec des projets conjoints dans les secteurs du tourisme, de la santé et de la technologie ;
- ONU début de dialogue interreligieux entre juifs, chrétiens et musulmans, soutenus par des institutions éducatives et culturelles ;
- Une diminution mesurable des tensions régionales, notamment dans le Golfe, où la coopération en matière de sécurité maritime s’accumule.
Selon plusieurs rapports (ONU, Brookings, Atlantic Council), ces accords ont été réduire les probabilités d’un conflit interétatique majeur dans la région, tout en favorisant la résilience socio-économique post-COVID-19.
3.4. Limites et critiques
Il est vrai que ces accords n’ont pas été résolus question, ce qui a suscité de vives critiques dans le monde arabe. Cependant, du point de vue du droit international et de la diplomatie pragmatique, ils représentent un tournant pacificateur concret, dans la mesure où ils substituent la confrontation armée par la normalisation progressive.
3.5. Vers une « pax abrahamica » ?
En somme, les Accords d’Abraham peuvent être interprétés comme les fondations d’une « pax abrahamica »: un modèle de paix régionale basé sur la coopération interreligieuse et la rationalité économique.
Sous l’administration Trump, ils traduisent une volonté claire de stabilisateur durablement le Moyen-Orient par la diplomatie économique plutôt que par l’intervention militaire.
Cette approche marque une évolution conceptuelle de la paix :de la paix négociée à la paix construite, où la stabilité résultant de la convergence d’intérêts plutôt que de la seule bonne volonté des États.
- Opération Warp Speed : la paix par la sécurité sanitaire
La pandémie mondiale de COVID 19 a bouleversé l’ordre international, provoquant une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Face à ce défi planétaire, l’administration A tout a lancé en mai 2020 l’initiative Opération Vitesse de distorsion (OWS), un programme public-privé sans équivalent, visant à accélérer la recherche, la production et la distribution des vaccins contre le virus.
Au-delà de sa portée biomédicale, cette opération incarne une forme nouvelle de diplomatie pacificatrice, que l’on pourrait qualifier de« Paix par la sécurité sanitaire ».
4.1. Contexte stratégique : de la pandémie à la gouvernance globale
En 2020, la pandémie a révélé la vulnérabilité systémique de l’humanité: rupture des chaînes d’approvisionnement, effondrement des mobilités, hausse des inégalités et tensions géopolitiques s’accumulent.
Dans ce contexte d’incertitude mondiale, les États ont compris que la santé publique est un pilier fondamental de la sécurité internationale. Donald J. Trump, bien qu’ayant adopté une posture souverainiste sur certains plans, a reconnu l’urgence d’une mobilisation collective entre l’État fédéral, les laboratoires pharmaceutiques et les centres de recherche.
Ainsi, Opération Warp Speed a été pensé non comme un simple programme de santé, mais comme une stratégie de résilience nationale et internationale: produire des vaccins à une vitesse inédite pour restaurer la stabilité sociale, économique et politique mondiale.
4.2. Structure et portée de l’initiative
L’opération Warp Speed a réuni le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS), le Département de la Défense (DoD)et des acteurs privés majeurs tels que Pfizer, Moderna, Johnson & Johnson et Astra Zeneca.
Son objectif principal :livrer 300 millions de doses de vaccins sûrs et efficaces avant la fin de 2020, ce qui constituait un défi logistique et scientifique colossal.
Grâce à un financement fédéral de plus de 18 milliards de dollars, OWS a :
- Financé la recherche et la production simultanément (réduisant les délais de 5 à 10 ans à quelques mois) ;
- Coordonné les infrastructures de distribution à grande échelle via le DoD ;
- Mettre en place une logistique de stockage et de transport ultra-froid ;
- Assuré la gratuité de la vaccination pour des millions d’Américains.
Cette alliance science–État–industrie une illustrée coopération stratégique sans précédent, reposant sur la confiance, la transparence et l’efficacité collective.
4.3. Une approche humanitaire et pacificatrice
Dans une perspective plus large, Opération Warp Speed a eu des effets tétines indirectes:
- Elle a réduire la peur collective et rétabli un sentiment de sécurité psychologique, condition essentielle à la cohésion sociale ;
- elle a préserver la stabilité économique mondiale en permettant la réouverture rapide des économies ;
- elle a favorisé la coopération scientifique internationale, notamment avec des institutions européennes et asiatiques pour la production et la distribution des vaccins.
Ainsi, OWS a participé à la mise en œuvre d’une paix positive, selon la typologie de Johan Galtung, où la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais la présence d’un ordre social fondé sur la santé, la justice et la stabilité collective.
Dans cette perspective, la politique sanitaire devient un instrument de diplomatie universelle et un outil de régulation de la peur mondiale.
4.4. La sécurité sanitaire comme pilier de la paix mondiale
La crise du COVID-19 a transformé la perception de la paix dans le monde contemporain. Les menaces ne sont plus seulement militaires ou terroristes, mais biologique, climatique et informationnelles.
En agissant rapidement pour protéger non seulement la population américaine mais aussi le marché mondial, Trump a contribué à une stabilisation planétaire.
L’initiative a ouvert la voie à une nouvelle doctrine :
La sécurité sanitaire est la condition première de la paix durable.
Cette approche rejoint les principes du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD, 1994)sur la sécurité humaine, qui inclut la santé comme dimension essentielle de la stabilité internationale.
4.5. Patrimoine et reconnaissance
Bien que relayée pour sa communication politique, Opération Warp Speed reste un succès scientifique et logistique incontestable . Elle a servi de modèle à d’autres nations (notamment l’Union européenne et l’Inde) pour accélérer leurs propres campagnes vaccinales.
À travers cette initiative, l’administration Trump a démontré que la paix peut être consolidée par la science, la prévention et la gestion collective des risques globaux.
Opération Warp Speed illustre une nouvelle conception de la paix mondiale, fondée sur la protection de la vie humaine et la coopération technologique internationale.
En ce sens, cette initiative relève pleinement des critères du Prix Nobel de la Paix, puisqu’elle a contribué à préserver la sécurité et la dignité humaine à l’échelle planétaire, au-delà des clivages politiques et idéologiques.
- L’Accord de Doha : une diplomatie de désengagement pour l’Afghanistan
Entre 2018 et 2021, la politique américaine envers l’Afghanistan a basculé d’une logique d’engagement militaire prolongé vers une diplomatie de désengagement visant principalement à mettre fin à la plus longue guerre américaine. Cette diplomatie — incarnée par l’Accord de Doha signé le 29 février 2020 — mérite une lecture nuancée : elle combine des éléments juridiques, des négociations bilatérales avec un acteur non-étatique, des calculs stratégiques de retrait, et des conséquences humanitaires lourdes.
5.1-Contexte et objectifs de la diplomatie de désengagement
Après près de deux décennies d’intervention, Washington cherchait à :
- Réduire le coût humain et financier d’un engagement militaire sans fin ;
- Transférer la responsabilité de la paix au peuple afghan via des négociations intra-afghanes ;
- Prévenir une escalade régionale impliquant des acteurs voisins.
La diplomatie de désengagement a ainsi privilégié un accord qui garantissait un calendrier de retrait américain en échange d’engagements talibans (notamment s’agissant du terrorisme international et d’un processus de dialogue interne). les objectifs apparaissent clairement dans le texte et la déclaration conjointe de Doha.
5.2-Le contenu juridique et politique de l’Accord de Doha
Le« Accord pour instaurer la paix en Afghanistan »établir des obligations réciproques : retrait progressif des forces américaines sous conditions, engagement taliban à ne pas abriter de groupes terroristes internationaux, et ouverture à des négociations intra-afghanes pour un règlement politique permanent. Juridiquement, il s’agit d’un traité politique bilatéral entre un État (États-Unis) et une entité non reconnue (les Taliban), ce qui pose des questions inédites de droit international quant à sa mise en œuvre et à ses mécanismes de vérification.
5.3-Avantages attendus : désescalade et reconnaissance d’une réalité politique
La diplomatie de désengagement visait à produire des effets concrets : réduire l’intensité des combats entre forces internationales et talibans, créer un espace pour des pourparlers afghans et diminuer les pertes militaires étrangères. Sur le plan pragmatique, l’accord a offert un chemin légalement documenté pour le retrait, inévitablement des décisions unilatérales plus abruptes et éventuellement plus coûteuses. Plusieurs acteurs internationaux (Qatar, ONU) ont joué un rôle de facilitateur pour donner une assise diplomatique à l’ensemble. (Al Jazeera)
5.4-Limites et failles de la mise en œuvre (2020-2021)
La mise en œuvre a révélé des vulnérabilités majeures :
- l’accord excluait largement le gouvernement afghan des négociations initiales, ce qui a affaiblir la légitimité interne du processus ;
- les mécanismes de vérification et de sanction étaient limités face à des engagements difficiles à vérifier (par ex. contrôle des groupes terroristes) ;
- le calendrier accéléré du retrait a laissé moins de marge pour consolider les institutions afghanes résilientes.
Ces failles ont contribué à la chute rapide du gouvernement afghan et au retour au pouvoir des Talibans en août 2021, événement qui a profondément reconfiguré l’évaluation du succès de la diplomatie de désengagement. (groupe de crise.org)
5.5-Conséquences humanitaires et sécuritaires
À court et moyen terme, la diplomatie de désengagement a eu des effets ambivalents pour la population : la perspective d’une sortie des combats pouvait réduire certaines violences liées à la présence étrangère, mais l’effondrement institutionnel post-2021 a engendrer une crise humanitaire massive(réfugiés, restrictions des droits, pénuries). Les agences internationales et ONG ont documenté les détériorations rapides des conditions de vie, notamment pour les femmes et les minorités. (Agence de l’Union européenne pour l’asile)
5.6-Évaluation normative : responsabilité, réalisme et le critère de paix durable
Du point de vue normatif, la diplomatie de désengagement soulève trois questions clés :
- Responsabilité— qui porte la responsabilité politique et humanitaire d’un retrait négocié mais mal consolidé ? (États signataires, acteurs régionaux, Talibans) ;
- Réalisme vs. idéal— la stratégie privilégie le réalisme (mettre fin à l’implication militaire) au détriment d’un projet robuste de construction d’État démocratique ;
- Durabilité de la paix— un accord bilatéral de retrait peut atteindre l’objectif de mettre fin à l’engagement extérieur, sans pour autant assurer une paix durable et protectrice pour les civils. Ces limites expliquent pourquoi certains analystes ont considéré l’accord comme une sortie politique utile mais incomplète. (PeaceRep)
5.7-Leçons et héritage à 2025
Jusqu’en 2025, l’héritage de cette diplomatie reste disputé :
- D’un côté, elle a permis de formaliser juridiquement un retrait et d’engager des négociations qui n’auraient peut-être pas eu lieu autrement ;
- De l’autre, l’absence d’une transition inclusive et de garanties robustes a conduit à un retour des violences structurelles et à une crise des droits humains.
Les analyses post-événement (revues gouvernementales et indépendantes) continuent d’examiner la chaîne de responsabilité et proposent des recommandations pour les futures stratégies de désengagement, insistant sur la nécessité d’une planification post-retrait centrale sur la protection civile, le soutien institutionnel et l’engagement multilatéral.
La diplomatie de désengagement pour l’Afghanistan, telle qu’initiée par l’administration Trump et formalisée à Doha, constitue un cas paradigmatique de la tension entre l’objectif de mettre fin à une guerre et la quête d’une paix durable et protectrice. Elle montre que conclure un accord de retrait est une étape nécessaire mais insuffisant: la paix requiert des mécanismes d’inclusion politique, des garanties effectives pour les droits civils et un engagement international continu pour stabiliser la société après le départ des forces extérieures.
- Le rôle pacificateur de Donald J. Trump entre l’Inde et le Pakistan (2019-2022)
6.1. Contexte géopolitique : une rivalité nucléaire sous tension permanente
Depuis leur indépendance en 1947,l’Inde et le Pakistan sont engagés dans une rivalité territoriale et identitaire profonde, principalement autour du Cachemire, région montagneuse revendiquée par les deux puissances.
Cette rivalité a conduit à plusieurs guerres (1947, 1965, 1971, 1999) et à une militarisation nucléaire dès la fin des années 1990, transformant le sous-continent indien en zone de tension stratégique mondiale.
Entre 2017 et 2019, la montée du nationalisme en Inde et l’activisme militaire du Pakistan ont ravivé le risque d’escalade nucléaire. C’est dans ce contexte que Donald J. Trump, alors président des États-Unis, a lancé une série d’efforts diplomatiques visant à désamorcer les tensions et promouvoir un dialogue bilatéral.
6.2. La médiation de Trump : diplomatie discrète et pressions bilatérales
Dès le début de son mandat, Trump adopte une posture dite de « médiation pragmatique », chercher à réactiver le canal de dialogue entre New Delhi et Islamabad.
Contrairement à ses précédents, il ne privilégie pas une diplomatie multilatérale (ONU ou G7) mais une approche directe fondée sur la persuasion économique et militaire.
- Juillet 2019, lors d’une rencontre avec le Premier ministre pakistanais Imran Khan, Trump déclare publiquement que le Premier ministre indien Narendra Modilui aurait demandé de« jouer un rôle de médiateur sur la question du Cachemire »— une affirmation inédite dans la diplomatie américaine récente.
- Même si New Delhi a probablement démenti cette demande, cette déclaration a eu un effet catalyseur: elle a remplacé la question du Cachemire sur l’agenda international et rétablir la communication indirecte entre les deux puissances.
- Parallèlement, Washington a utilisé les leviers économiques, notamment les restrictions d’aide militaire au Pakistan, pour encourager Islamabad à réduire le soutien aux groupes armés opérationnels au Cachemire.
Ce diplomatie de pression équilibrée visait à stabiliser la zone frontalières tout en évitant un risque d’affrontement militaire élargi.
6.3. Les effets immédiats : désescalade et reprise des contacts
Au début de 2020, sous impulsion américaine et avec l’appui de pays du Golfe (notamment les Émirats arabes unis, proches de Washington), les canaux de communication militaire entre les deux pays ont été rouverts.
Les effets notables incluent :
- La réduction temporaire des affrontements sur la ligne de contrôle (LoC) ;
- La reprise d’échanges humanitaires, notamment concernant les prisonniers et les eaux transfrontalières ;
- La coopération sanitaire ponctuelle Durant la pandémie de COVID-19, facilitée par les pressions diplomatiques américaines sur les deux capitales.
Ces initiatives, bien que fragiles, ont représenté une désescalade tangible dans une région habituellement marquée par la méfiance et les provocations militaires.
6.4. Une approche pacificatrice fondée sur la diplomatie transactionnelle
La méthode de Trump diffère de celle des diplomates traditionnels :
elle repose sur un pragmatisme transactionnel, où la paix est envisagée comme un bénéfice mutuel plutôt qu’un idéal abstrait.
- En offrant au Pakistan une réhabilitation diplomatique partielle(notamment lors des discussions de Doha sur l’Afghanistan), Trump l’a incité àmodérer sa politique régionale.En parallèle , le renforcement stratégique avec l’Inde via des accords militaires (notamment le COMCASA et BECA) a permis de garantir un équilibre de dissuasion, décourageant toute aventure militaire pakistanaise.
Cette double approche —dissuasion et incitation— un service de mécanisme indirect de pacification, sans utiliser à des sommets spectaculaires mais en modifiant le comportement stratégique des acteurs régionaux.
6.5. Résultats et patrimoine à moyen terme (jusqu’en 2025)
Bien que les tensions persistantes au Cachemire, les années postérieures (2021-2024) montrent des signes de stabilité relative:
- aucun conflit armé majeur n’a éclaté entre l’Inde et le Pakistan depuis 2019 ;
- des discussions discrètes sur la gestion de la frontière et du commerce transfrontalier ont représailles sous médiation du Qatar et des Émirats arabes unis, dans le prolongement des initiatives américaines ;
- le Pakistan a réorienté partiellement sa politique étrangère vers la stabilité économique, la priorité donnée au conflit du Cachemire.
- En 2025 Donald Trump a pu arrêter la guerre entre inde et Pakistan .
En ce sens, la diplomatie de Trump a contribué à instaurer une «paix froide»— non fondé sur une réconciliation profonde, mais sur un équilibre stratégique stabilisé.
Cette forme de paix correspond à la définition réaliste de la paix négative selon Johan Galtung : absence de guerre ouverte, même en l’absence d’harmonie structurelle.
6.6. Évaluation juridique et humanitaire
Sur le plan du droit international, la médiation américaine s’inscrit dans les principes de la Charte des Nations Unies (articles 33 à 38), qui encourage les États à résoudre leurs différends par la négociation, la médiation ou la conciliation.
Sur le plan humanitaire, la désescalade observée entre 2020 et 2022 a permis :
- Une réduction des pertes civiles sans la région du Cachemire ;
- La reprise de certaines activités économiques locales;
- L’évitassions du statu quo nucléaire indo pakistanais, initie par Donald Trump entraînera un soufle de paix sensible loin d’une crise internationale majeure.
Ces résultats, bien que partiels, traduisent une contribution concrète à la sécurité humaine, qui répond aux critères du Prix Nobel de la Paix tels que définis par Alfred Nobel — promouvoir la fraternité entre nations et la réduction des armements.
En définitif, le rôle de Donald J. Trump dans la pacification des relations indo-pakistanaises entre 2019 et 2022 illustre une diplomatie atypique mais efficace, reposant sur la pression et la persuasion économique.
Si cette approche n’a pas résolu le conflit du Cachemire, elle a prévenu son aggravation et contribué à stabiliser un des foyers les plus explosifs du monde contemporain.
Dans un contexte de tensions multipolaires (Chine, Russie, Iran), cette action s’inscrit pleinement dans une conception moderne de la paix pragmatique, centre sur la préservation de la stabilité mondiale plutôt que sur l’idéalisme interventionniste.
- La reconnaissance du Sahara marocain : stabilisation d’un espace stratégique
Le10 décembre 2020, les États-Unis accordent la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara.
La décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara marocain en 2020 est perçue comme un tournant diplomatique majeur ayant plusieurs bienfaits pour la paix dans la région. Cette reconnaissance a ouvert un nouveau chapitre diplomatique, renforçant la position de Rabat sur la scène internationale et contribuant à une dynamique de règlement du conflit du Sahara. Cette initiative américaine a été un levier important conduisant à la résolution 2797 de l’ONU en octobre 2025, qui marque un jalon institutionnel appuyant la proposition marocaine d’autonomie comme base de solution durable au différend.
7.1-Bienfaits diplomatiques et politiques
La reconnaissance par Trump a permis de remplacer le Maroc dans une position de force renouvelée sur la scène internationale, encourageant également d’autres pays à suivre cet exemple. Ce soutien clair et pragmatique a redéfini la trajectoire diplomatique, avec l’administration américaine jouant un rôle de médiateur actif, particulièrement entre le Maroc et l’Algérie. Les efforts américains ont également renforcé les perspectives de résolution finale du conflit, avec l’espoir d’apaiser durablement les tensions au Maghreb, notamment entre Rabat et Alger.
7.2-Impact économique et social
L’approche pragmatique de Trump a lié la stabilité politique à la prospérité économique, encourageant les investissements américains dans toutes les provinces marocaines, y compris les provinces du Sud. Cette stratégie a pour objectif de faire de la prospérité économique un moteur de paix durable, transformant un conflit figé en levier de coopération régionale. La stabilité économique favorisée par ces investissements contribue à renforcer la cohésion sociale et la paix locale.
7.3-Dynamique régionale et internationale
La reconnaissance américaine et le soutien à la proposition marocaine d’autonomie ont favorisé une évolution constructive au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a appuyé le plan marocain comme solution la plus réaliste au conflit. Cela a également permis de reconfigurer les alliances régionales et internationales d’un consensus croissant, notamment progressivement l’isolement diplomatique du Maroc et impliquant davantage l’Algérie dans un processus de dialogue et de négociation.
En résumé, la reconnaissance du Sahara marocain par Donald Trump a eu pour bienfaits d’ouvrir une voie diplomatique claire vers la paix, de stimuler la stabilité économique comme facteur de pacification, et d’encourager un repositionnement régional favorable à la coopération et à la réconciliation maghrébine.
7.4-Portée juridique et pacifique :
- Elle a favorisé une reconnaissance mutuelle Israël-Maroc, sous médiation américaine
- Elle a consolidé la stabilité régionale en soutenant une solution réaliste, conforme aux efforts onusiens ;
- Elle a réduit la tension militaire dans la région sahélo-saharienne.
Le soutien américain a renforcé la primauté du dialogue diplomatique sur la confrontation armée, illustrant un engagement en faveur de la paix et du développement maghrébin.
- Le Board of Peacepar le president Donald Trump
8.1- Création d’institutions de paix : un critère constant du Nobel
Le Comité Nobel a historiquement récompensé :
- non seulement des résultats immédiats,
- mais surtout la création ou le renforcement de mécanismes durables de paix.
En droit international, cette logique repose sur la prévention structurelle des conflits, principe central de la Charte des Nations Unies.
8.2. Comparaison avec des lauréats institutionnels majeurs
– A. Woodrow Wilson (Prix Nobel de la paix, 1919)
| Élément | Woodrow Wilson | Donald Trump |
| Action clé | Création de la Société des Nations | Création du Board of Peace |
| Statut juridique | Président des États-Unis | président |
| Cadre | Institution internationale formelle | Institution informelle / diplomatie parallèle |
| Finalité | Sécurité collective | Médiation et coordination de paix |
– Analyse juridique
Wilson a été récompensé malgré l’échec ultérieur de la SDN, ce qui confirme que :
le Nobel récompense l’impulsion institutionnelle, non uniquement le succès final.
Par analogie, le Board of Peace peut être considéré comme une impulsion institutionnelle comparable, bien que de rang juridique différent.
– B. Henry Kissinger (1973) – Cas controversé
| Élément | Kissinger | Trump |
| Contexte | Conflits armés en cours | Conflits persistants |
| Action | Accords de Paris (Vietnam) | Initiatives de médiation et Board |
| Controverses | Fortes | Fortes |
| Attribution | Oui | Non (à ce stade) |
–Analyse doctrinale
Le cas Kissinger démontre que :
- des controverses géopolitiques n’excluent pas l’attribution,
- le Comité Nobel adopte une appréciation pragmatique, centrée sur l’acte de paix.
Juridiquement, cela renforce l’argument selon lequel la création du Board of Peace peut être évaluée indépendamment des politiques antérieures de Trump.
– C. Organisations humanitaires (CICR, MSF)
Ces lauréats illustrent que :
- la forme juridique(ONG, comité, structure ad hoc) est secondaire,
- la fonction pacificatriceest déterminante.
Le Board of Peace, bien que politique dans son origine, se rapproche fonctionnellement de ces structures par :
- sa vocation de médiation,
- son rôle de coordination,
- son ambition de prévention des conflits.
8.3- Apport spécifique du Board of Peace dans la comparaison
- Originalité juridique
Le Board of Peace se distingue par :
- une initiative individuelle à vocation collective,
- une tentative d’institutionnalisation hors ONU, mais compatible avec ses objectifs.
-En droit international contemporain, cela relève de :la gouvernance mondiale informelle, désormais reconnue comme complémentaire du multilatéralisme classique.
- Valeur ajoutée dans l’évaluation Nobel
Comparativement :
- le Board of Peaceremplit le critère de structure pérenne,
- il introduit une logique de coordination transnationale,
- il matérialise une volonté d’organisation de la paix, au-delà du discours.
Cela place son initiateur dans une zone de rapprochement doctrinal, sans égalité automatique avec les lauréats.
L’analyse comparée des précédents du Prix Nobel de la paix démontre que la création d’institutions ou de mécanismes de paix constitue un critère central de reconnaissance par le Comité Nobel.
À cet égard, l’initiative de création du Board of Peace par Donald Trump s’inscrit dans une logique fonctionnelle déjà récompensée par le passé.
Si les différences de statut juridique, de cadre multilatéral et de maturité institutionnelle empêchent toute assimilation directe, cette initiative peut néanmoins être considérée, en droit international, comme un élément objectif rapprochant son auteur des standards doctrinaux du Prix Nobel de la paix.
- Comparaison avec les lauréats du Prix Nobel de la Paix (2016-2023)
| Lauréat | Objet de la distinction | Nature de l’action | Comparaison avec Trump |
| Juan Manuel Santos (2016) | Accord de paix FARC | Paix interne | Doha : paix externe |
| Abiy Ahmed (2019) | Réconciliation Éthiopie–Érythrée | Paix régionale | Inde–Pakistan, Sahara : désescalade régionale |
| PAM (2020) | Lutte contre la faim | Humanitaire | OWS : lutte contre pandémie |
| Barack Obama (2009) | Vision multilatérale | Symbolique | Trump : réalisations concrètes |
Les actions de Trump remplissent trois critères fondamentaux du Nobel:
- Fraternité entre nations(Accords d’Abraham, Inde–Pakistan) ;
- Réduction ou prévention des conflits(Doha, Sahara) ;
- Contribution à la sécurité humaine mondiale(OWS).
- Discussion : entre réalisme politique et reconnaissance morale
L’absence de nomination officielle de Donald Trump s’explique moins par un déficit d’actions de paix que par une polarisation idéologique internationale.
Le Comité Nobel, institution indépendante mais sensible au climat politique mondial, a tendance à privilégier les profils consensuels plutôt que les dirigeants controversés par l’Europe .
Pourtant, la philosophie du droit international humanitaire reconnaît la paix non seulement comme un idéal moral, mais comme une construction pragmatique question de compromis diplomatiques.
Sous cet angle, Trump agi en faiseur de paix transactionnelle, mais efficace.
En réévaluant ses contributions à la paix mondiale entre 2017 et 2025, on observe que Donald J. Trump a :
- Stabiliser plusieurs zones régionales (Moyen-Orient, Maghreb, Asie du Sud) ;
- Contribuer à la santé mondiale via une initiative technoscientifique inédite ;
- Favorisé la diplomatie de paix au détriment de l’interventionnisme militaire.
Ces éléments répondent pleinement à la finalité du Prix Nobel de la Paix:
« Avoir contribué, plus que tout autre, à la fraternité entre nations et à la réduction des conflits armés. »
Ainsi, d’un point de vue scientifique, géopolitique et juridique ,la candidature de Donald J. Trump pour Le Prix Nobel de la Paix serait fondé et défendable.

Bibliographie
- Comité Nobel,Critères d’attribution du prix Nobel de la paixOslo, 2021.
- Département d’État américain,Déclarations des Accords d’Abraham, 2020.
- Maison Blanche,Reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, Proclamation présidentielle, 10 décembre 2020.
- PNUD,Rapport sur la sécurité humaine, 1994.
- Département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS),Fiche d’information sur l’opération Warp Speed, 2021.
- Groupe de crise international,Afghanistan : Examen du processus de Doha, 2022.
- BBC et Reuters,Trump propose une médiation entre l’Inde et le Pakistan, 2019.

